Dénudé

Chemin tournant

Calvin dans une cellule a rendu par la bouche, et si je n’écris pas suis autant cadavre que lui. Mais les pages défuntent, les mots aussi. Ai rédigé des notes, à Laval P.Q., sur son autre destin. Qui est le nôtre, d’une double vie. Celle pauvre, bagage qu’on traîne, lourd mais sans presque rien, une brosse à blanchir les dents de la nuit, une crème pour grimer le jour, peut-être un chapeau. Et celle qui flottante, dessus, nous tient la tête, hors du béant, non du rêve — son invention, d’un ailleurs que parfois l’on touche. Une sorte d’horizon, lointain des choses et du soi. Savait-il, d’avoir lu, le chant d’une bergeronnette, le parfum des tilleuls et le creux de la pierre où le noir transparaît ? Croire sa parole seule est ce qui reste à faire. Croire son dénudement, bien que nul ne se donne, qu’on soit plutôt livré…

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Publié par Laurent Margantin

Auteur, traducteur

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