Carnets 36

C’était l’oiseau silencieux, le seul.

Il était posté sur un poteau à l’entrée du parking d’un immeuble, c’est là – éloigné d’une dizaine de mètres – que je l’ai observé pour la première fois. Un martin pêcheur, me suis-je dit, étonné de le voir si loin d’une rivière, d’un fleuve ou d’un point d’eau.

Hier, un autre – se pose silencieusement sur une barrière – derrière lui commence le bush – une réserve naturelle en pleine ville, au-dessus de la baie.

Je m’approche doucement, il ne bouge pas. Il m’observe du coin de l’oeil autant que je l’observe. Trapu, des plumes bleues clair sur les ailes, tête blanche et marron clair, fort bec, capable sans doute de saisir de grosses proies.

Et pas farouche donc – je suis à à peine deux mètres de lui.

Son nom: le martin chasseur géant – kookaburra.

Face à moi – immobile quelques secondes, comme s’il me laissait le temps de l’observer – il se tait, puis il s’envole, ailes magnifiques (le geai passant au-dessus de la petite route du Morvan, jadis).

C’est l’oiseau inconnu – aux puissants cris pareils à ceux d’un singe.

L’oiseau silencieux n’existe pas – ou alors quelques instants.

Publié par Laurent Margantin

Auteur, traducteur

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