Carnets 43

La femme (indonésienne ?) qui marche toute la journée dans le quartier, un gros sac noir en plastique épais (il a toujours l’air plein) dans une main, une poussette de marché qu’elle tire de l’autre main. Elle est petite et maigre et porte un bob qui lui cache le haut du visage. L’autre jour, je l’ai croisée avec tout son chargement, il n’y avait de la place que pour une seule personne à cet endroit de la rue montante, je suis resté en bas pour qu’elle puisse descendre et en passant elle m’a adressé un sourire des yeux franc et magnifique, un sourire de l’âme.

Le même couvre-chef sur la tête d’un homme brun barbu avant-hier de l’autre côté de la rue à Sydney: j’ai cru voir Philippe Rahmy revenu d’entre les morts, sourire aux lèvres, se tenant sur ses deux jambes – qu’allait-il me raconter ?

Chowder Bay – poussette a remonter par des escaliers qui n’en finissent pas, puis une longue rue très pentue avec l’enfant à l’intérieur répétant: « Tu peux, tu peux, tu peux. »

Le mot Grasmittelstreifen a propos d’un chemin en Ecosse chez Handke me rappelle la petite route qui menait à F dans le Morvan – montée et descendue tant de fois à pied. Au milieu, une fine ligne d’herbes, dont des pissenlits, sur laquelle je marchais enfant – comme un chemin de verdure à l’intérieur de la route goudronnée.

Publié par Laurent Margantin

Auteur, traducteur

2 commentaires sur « Carnets 43 »

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