Carnets 67

Pluie, nuages bleu foncé presque noirs venant de l’océan – toutes les variétés de bleu et de vert dans les vagues et dans le ciel – cela n’a duré qu’une heure, puis le paysage est redevenu gris-bleu, d’une couleur uniforme et invariable.

Entre moi et les mots que je cherche s’interpose la foule des bavards.

Aujourd’hui le haut du visage de mon g.p. est apparu dans le rétroviseur. Il me regardait, je le regardais. La vision n’a duré que quelques instants.

Le mot « Nichtstuer » quand je vois cet homme (« ne fait rien » = fainéant). Et l’autre jour, voulant pousser quelque chose qui m’empêchait de passer : « wegschieben ». Deux mots que je n’emploie pas ici, que je n’ai à vrai dire jamais employés, même quand je vivais en Allemagne – mots juste appris ou entendus un jour – et qui surgissent comme des petits démons.

(Quand j’écrivais Aux îles Kerguelen, il était constamment là, à mes côtés, personnage du livre.)

Publié par Laurent Margantin

Auteur, traducteur

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