Carnets 90

Quand j’ai découvert le monde, il y avait une voix – la tienne.

Dès le premier jour, il n’y a pas eu de face à face entre moi et le monde, mais un triangle s’est formé : moi – toi – le monde.

La buse sur le poteau électrique surplombant les champs noirs en hiver, c’est toi qui me la signalais en prononçant son nom – en me racontant sa chasse – et alors je pouvais m’imaginer l’oiseau plongeant sur sa proie minuscule – invisible pour moi – entre les mottes de terre. C’était ta voix qui avait lancé le récit – le grand récit des mille petites choses qui se tramaient au cœur du pays. Ta voix avait fait naître le regard et l’imagination.

Et aujourd’hui, la même chose se produit quand je raconte à mon tour à l’enfant – quand je te raconte le monde – du moins ce que j’en sais, et ce que j’en découvre avec toi – autre pays, autres oiseaux, autres paysages, autre triangle, autre récit.

Publié par Laurent Margantin

Auteur, traducteur

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