Carnets 104

« Ce qui caractérise la ville est son vide. La grande place par exemple est toujours vide. Les tramways qui s’y croisent sont toujours vides. Leur sonnerie est forte, claire, libérée de la nécessité de l’instant. Le grand bazar, qui commence sur la place et mène entre de nombreuses maisons jusqu’à une rue lointaine, le grand bazar est toujours vide. Il n’y a aucun client aux nombreuses petites tables des cafés qui se trouvent de chaque côté de l’entrée du bazar. Le haut portail de la vieille église au milieu de la place est grand ouvert, mais personne n’y entre ou n’en sort. Les marches de marbre qui mènent au portail renvoient avec une force proprement effrénée la lumière du soleil qui tombe sur elles. »

Franz Kafka

Publié par Laurent Margantin

Auteur, traducteur

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