Carnets 118

Le marcheur : quand il arrive au bout de la terrasse, il baisse la tête. J’observe ce geste plusieurs fois et me souviens du dernier portrait de Hölderlin, la tête elle aussi baissée vers le sol – après tant de marches.

« Le démon en l’homme qui, s’il n’est pas métamorphosé, ne peut qu’être maléfique. Le démoniaque comme matière à métamorphose. S’il n’est pas métamorphosé en une force, alors il se déchaîne, sans force, destructeur. » (PH)

Un moment avec M. à Sydney – elle me dit que le café des Indonésiens va fermer. C’était le café où j’allais travailler un moment le matin et l’après-midi pendant que MJ faisait sa sieste. Il était situé en face d’un rond-point, je m’asseyais sur un tabouret face à la grande vitre qui donnait sur la rue. Ils ne vendent plus que des boissons à emporter, me dit M., ils ne gagnent plus assez pour payer le loyer. Il y avait une ambiance spéciale dans ce café, avec la circulation incessante des voitures à l’extérieur, la musique et les autres clients, les serveurs toujours affairés dans une seule petite pièce, les moments d’échange avec l’un d’entre eux, Saï, reparti dans son pays – malgré cela, je parvenais à lire et écrire, sans effort.

(Je pense à chacun de leurs visages.)

Publié par Laurent Margantin

Auteur, traducteur

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