Carnets 151

Natsumé Sôseki, Oreiller d’herbes : « J’entendis soudain à mes pieds des pépiements d’alouettes. Mais j’avais beau observer la vallée, je n’apercevais nulle ombre, nulle forme qui pût m’indiquer l’origine de ce chant. Il n’y avait que ce cri qui résonnait clairement. C’était un chant vif, précipité, incessant. On aurait dit qu’à un kilomètre à la ronde, l’air était harcelé de puces et ne tenait plus en place. Pas un instant de répit dans ce pépiement. Il faut croire que ces oiseaux ne seraient pas satisfaits si en cette paisible journée de printemps ils ne s’épuisaient en trilles et vocalises. Ils s’élèvent à l’infini dans l’espace et le temps. Ils vont certainement mourir dans les nues. Montés dans les hauteurs extrêmes, ils se laisseront emporter par des nuages flottants et, durant cette dérive, ils perdront leur forme et ne survivra peut-être dans le ciel que leur chant. »

Publié par Laurent Margantin

Auteur, traducteur

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