Carnets 166

Yasushi Inoue, Une voix dans la nuit : « dans le ciel encore clair apparut l’ombre blanche des soirs de printemps » – « la pénombre blanchâtre des soirs de printemps commençait à flotter dans la plaine » – « la lumière blanchâtre des soirs de printemps semblait flotter légèrement autour de lui ».

Sur l’écran, l’écriture est plus fluide, plus facile que dans le carnet : cela vient du fait qu’étant connecté à l’agitation générale, on développe et entretient une relation de nature hypnotique avec « l’actualité » et le « réel » que celle-ci met en scène. D’où le nombre grandissant de livres qui, conçus et écrits sur l’écran, n’ont plus pour sujet que le monde créé par et pour l’écran.

L’homme à la machette : tout en bavardant avec quelqu’un, découpe une amande de noix de coco et la hache en tout petits morceaux – à force de l’observer, je ne vois plus que le petit tas de miettes végétales blanches devant lui – je n’arrive plus à détacher le regard de cette blancheur et oublie l’homme, sa machette et la foule tout autour.

Publié par Laurent Margantin

Auteur, traducteur

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