Carnets 171

La fille de Yasushi Inoue, une cinquantaine d’années, peut-être plus, souriante, enjouée : évoque la silhouette de son père agenouillé à sa table de travail, toujours de dos, « il écrivait toute la journée, enfant je l’ai toujours vu écrire ». Le cahier d’écriture d’I (qui n’a jamais utilisé de machine à écrire) : chaque page est composée de cases, dans chaque case un idéogramme. « Les hommes très intelligents se fient à leur mémoire, disait I (propos rapportés par sa fille), moi je me méfie de la mémoire qui modifie les choses et préfère noter tout ce que j’observe dans des cahiers » (il avait été quinze ans journaliste). A côté des idéogrammes, quelques dessins, souvent l’esquisse d’un paysage, juste quelques lignes du relief. « Le soir, quand nous étions en vacances hors de Tokyo, il aimait passer la soirée avec nous et des amis à manger, boire et discuter. A minuit, quand nous étions tous fatigués, nous allions nous coucher mais lui recopiait encore au propre toutes ses notations de la journée, et le lendemain matin il me montrait le cahier qu’il avait rempli avant de se coucher. » (Propos notés d’après mes souvenirs de ce documentaire sur Yasushi Inoue vu il y a trois jours.)

Publié par Laurent Margantin

Auteur, traducteur

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :