Carnets 176

En lisant une lettre de Goethe à Lavater du 4 octobre 1782, difficile de ne pas penser à Kafka. Il y critique « les inconvénients inévitables attachés à l’introspection et à la pratique du journal ou de la confession écrite parce que l’un et l’autre en effet interviennent dans les états d’abaissement et de dépression plutôt que dans ceux d’élévation et d’exaltation intérieurs ». Goethe définit le journal comme un « registre des manques » (chez Kafka, la capacité d’écrire, l’oeuvre), et il écrit encore ceci : « Il en est de l’âme comme du corps, l’âme perd conscience d’elle-même quand elle est dans des conditions normales et les impressions pénibles seules la rappellent à elle-même. »

Comme si, dans le triangle Goethe-Kafka-Handke que j’ai déjà évoqué, la lecture n’allait pas dans le seul sens des plus modernes vers le plus ancien.

Les rafales de vent toute la journée : s’engouffrent dans l’ascenseur, font trembler les portes, cognent contre les vitres.

Fini ma traduction du Verdict.

Publié par Laurent Margantin

Auteur, traducteur

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :