Carnets 179

L’autre soir, la fumée qui s’élevait à côté de l’hôpital m’a rappelé cette chambre du CHU de Semur-en-Auxois où se trouvait mon g.p. : de la fenêtre, on pouvait voir le funérarium au loin.

Dans le film de Wim Wenders Der Himmel über Berlin (texte de PH), la liste des observations et des notations des deux anges, Damiel et Cassiel. Ils tirent un carnet de la poche intérieure de leur manteau et lisent, se lisent l’un à l’autre ce qu’ils ont observé au cours de la journée. En écrivant cela, je réalise que Bruno Ganz et Otto Sander (les anges dans le film) sont morts tous les deux.

« Je me souviens de tout et je revis chaque existence en moi-même »: de La Mouette de Tchekhov lue il y a longtemps, j’avais gardé en mémoire ces quelques mots prononcés par Nena alors qu’elle joue une pièce – composée d’un seul monologue – écrite par le personnage Tréplev. Je redécouvre la pièce dans la traduction d’André Markowicz, et la même phrase, ou plutôt le même morceau de phrase est devenu : « En moi la conscience des hommes s’est fondue avec les instincts des bêtes, je me souviens de tout, de tout, de tout, et je revis chaque vie en moi-même. »

Publié par Laurent Margantin

Auteur, traducteur

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