Carnets 195

L’arrivée dans le port de New York et la « statue de la déesse de la liberté » au début d’Amérique de Franz Kafka : elle n’a plus une torche au bout de son bras dressé, mais un glaive.

Ils auront gagné quand chacun considérera la terre entière comme une menace et ne sera plus occupé qu’à chercher un abri où se terrer.

Le livre Hier en chemin de Handke, écrit dans les années 87-90 – le film Der Himmel über Berlin de Wim Wenders (texte de Handke) sorti en 87. Au détour d’une page du livre, je retrouve le film : « Un enfant à un autre : « Et toi, qu’est-ce que tu sais faire ? » L’autre enfant : « Je ne sais rien faire ». Enthousiasmé : « Je ne sais rien faire du tout ». Scène semblable dans le film : des enfants jouent dans la rue, et on entend la voix intérieure d’un enfant à l’écart, dos contre un mur, ne participant pas aux jeux des autres, la mine boudeuse. Le chemin retrouvé (pour ne pas dire « la boucle est bouclée ») parce qu’à des années de distance, je reviens au même émerveillement d’alors devant la mise à nu de l’enfance qu’est ou que peut être la littérature – et le cinéma quand il est aussi littérature.

Il ne s’agit pas de retrouver l’enfance, mais de se rendre compte qu’on ne l’a jamais quittée – pour cela, suis des yeux le vol solitaire de la salangane.

Publié par Laurent Margantin

Auteur, traducteur

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