Carnets 224

Hier aux Roches noires : le plus gros crabe jamais vu ici, de la taille de ma main pattes et pinces incluses – vagues, ressac, grosses pierres noires et galets, escalier en contrebas de l’esplanade, l’animal qui se carapate et se glisse entre deux pierres du mur – juste le temps de voir le jeu très articulé de ses pattes et pinces au moment de disparaître, mais en m’approchant je le vois blotti dans son trou, ne pouvant plus reculer davantage – ses deux yeux deux pédoncules deux points noirs au milieu qui me fixent dans l’ombre, et cette attente, cette attente animale face au danger – autre façon, plus en profondeur, d’habiter le silence ?

Je n’ai pas noté la couleur du crabe : beige, d’un beau beige clair, translucide au niveau des pattes où se dressent quelques poils blancs (aussi sur l’abdomen) – et bouche étrange, inquiétante, avec de petites mandibules serrées , comme une espèce de verrou prêt à dévorer la clé qui voudrait l’ouvrir.

Publié par Laurent Margantin

Auteur, traducteur

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