Carnets 250

Comme dans le conte d’Hoffmann, une femme automate dont on tomberait amoureux – sauf qu’elle ne dirait plus seulement les deux-trois mêmes paroles de façon mécanique, mais parlerait toute la journée, de façon tout aussi mécanique, des livres de la rentrée littéraire.

PH à propos de Kafka : il est « dépassable » (überwindbar) – et il importe, pour lui, de le dépasser – ce qu’il s’efforce de faire livre après livre – mais comme la grotte évoquée par Nietzsche où, longtemps après la mort de Dieu, apparaissait son ombre, celle de Kafka est partout présente dans l’oeuvre de Handke, jusqu’à aujourd’hui.

Gestes des doigts délicats et un peu malhabiles pour rendre la monnaie ou confier un objet – surtout ne pas toucher l’autre – nouvelle sensibilité à ce qui se transmet de façon invisible entre les êtres – flux perçu comme essentiellement maléfique.

Il y a un an, j’étais invité à parler du Journal de Kafka sur un plateau de télé local. Avant de repartir, j’ai serré la main du journaliste souriant et apparemment à l’aise – elle était moite.

Publié par Laurent Margantin

Auteur, traducteur

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