Carnets 281

Robert Walser : « A présent la température ne cessait de monter et la nature était toujours plus luxuriante, elle était recouverte d’un épais tapis verdissant de prairies, de la vapeur montait des prés et des champs, dans leur beau vert frais et riche les forêts offraient un spectacle ravissant. Toute la nature s’offrait, s’allongeait, s’étendait, se courbait, se dressait, sifflait et bourdonnait et bruissait, sentait bon et restait étendue en silence comme un beau rêve coloré. La terre était devenue bien grosse, grasse, opaque et repue. Elle s’étendait en quelque sorte dans sa luxuriante satiété. Elle était tachée de vert tendre, de vert foncé, de noir, de blanc, de jaune et de rouge, et fleurissait dans un souffle chaud, succombait presque avant de fleurir. Elle était étendue là comme une paresseuse voilée, immobile et ses membres tressaillant et exhalant ses parfums. Les jardins sentaient bon dans les rues et jusque dans les champs où des hommes et des femmes travaillaient ; les arbres fruitiers étaient un chant clair et gazouillant, et la forêt proche, ronde et voûtée était un chœur de jeunes hommes ; les chemins clairs ressortaient à peine du vert. »

On était devenu un morceau de printemps

Publié par Laurent Margantin

Auteur, traducteur

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