Carnets 294

Quand je lis tôt le matin, je marche souvent sur le petit chemin goudronné qui longe la rivière Ammer et relie Tübingen au village de Lustnau, je passe à côté de la bergerie au pied de l’Österberg (la seule bergerie que j’aie vue pendant toutes les années en Allemagne), je regarde un moment les grands arbres au bord de l’eau, quand j’ai de la chance je peux observer un héron qui avance sur ses longues pattes au milieu du courant, des promeneurs et des cyclistes passent derrière moi, je me dirige vers le vieux chêne en face des jardins ouvriers et pose le vélo contre le banc, je m’assieds puis je me penche à nouveau sur le livre et reprends la lecture là où je m’étais arrêté quelques instants plus tôt.

(Quand, les premiers temps à Tübingen, je passais devant cette bergerie, j’éprouvais de la nostalgie pour le Larzac que je venais de quitter – je revoyais les trois maisons du hameau, j’entendais les brebis bêler au milieu de l’après-midi et les mouches voler dans la petite chambre qui donnait sur le plateau – avais-je vraiment quitté ces lieux ?)

Publié par Laurent Margantin

Auteur, traducteur

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