Carnets 300

Siegfried Unseld à Peter Handke, 29 janvier 1970 : « Cher Peter, j’imagine que tu es assis à Paris et que tu pourrais t’ennuyer (…). Aurais-tu peut-être envie, pendant ton séjour à Paris, de faire une traduction, par exemple du Candide de Voltaire ? »

Peter Handke à Siegfried Unseld, 8 février 1970 : « Je suis un peu étonné que dans deux lettres que tu m’as adressées tu aies employé le verbe « être assis ». Tu me l’as écrit une fois dans une lettre pour Berlin (je « serais assis » à Berlin et je ne saurais pas quoi faire), et à présent dans ton avant-dernière lettre, tu t’imagines que je « serais assis » à Paris et que je m’ennuierais. Je dois te dire que je trouve cela très vexant. Je peux naturellement me procurer un pupitre et écrire sur un pupitre comme Gerhard Hauptmann, mais en ce moment je ne peux pas écrire autrement qu’assis. Mais tu as employé le mot dans un sens métaphorique, et c’est bien sûr encore pire. Cela révèle l’image qu’a l’éditeur de la vie d’un (de « son ») auteur, que je trouve inquiétante. Mon activité n’est sûrement pas autant transposable au cinéma que celle d’un homme d’action pleinement dans la vie. Mais bon passons. »

Publié par Laurent Margantin

Auteur, traducteur

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