Carnets 304

Correspondance Peter Handke – Siegfried Unseld (son éditeur, patron des éditions Suhrkamp en Allemagne). Elle couvre plus de 35 années (1965-2002).

Après avoir publié son premier roman, Les Frelons, Handke fait scandale lors du congrès annuel du groupe 47 qui, en 1966, a lieu à Princeton. Le groupe 47 rassemble des écrivains allemands célèbres comme Günter Grass ou Heinrich Böll, mais aussi des critiques exerçant une autorité importante dans le champ littéraire de l’époque.

Handke, 24 ans, déclare que la littérature de langue allemande de l’époque souffre d’une « impuissance descriptive » (Beschreibungsimpotenz) : « On cherche le salut dans la description, ce qui est par nature le moins cher avec quoi on peut faire de la littérature ». Cela ne produit, dit-il encore, qu’un « style plat ».

Dans une lettre à son éditeur du 27 janvier 1967, Handke écrit à propos du réalisme : « La littérature continuera à se développer, elle ne peut pas poursuivre son existence comme actuellement en Allemagne, où il y a une régression dans le réalisme trivial. (…) Le temps de la littérature engagée est passé, vient je l’espère un temps de la réflexion sur les modèles de pensée, peut-être un réalisme du langage plutôt que de la description (vielleicht ein sprachlicher Realismus statt eines beschreibenden)

Publié par Laurent Margantin

Auteur, traducteur

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