Carnets 327

Grignan, 2 mars 1998

Cher Monsieur,

Vos pages, que je n’avais pas eu le temps de lire tout de suite, m’ont plu par l’attention que vous savez accorder au monde, avec la découverte de Hölderlin hors des approches universitaires ou érudites comme je l’ai faite moi-même il y a si longtemps. Et j’ai bien aimé le petit poème du « solitaire », plus concentré que ceux de la revue, qui témoignent de la même attention mais sous une forme parfois un peu lâche, à mon idée.

Tous mes voeux pour la poursuite de votre séjour et vos travaux. Je regrette, moi aussi, la rencontre manquée. Mais de toute façon, j’étais très las et mon « discours » ne valait pas grand chose.

Cordialement,

Philippe Jaccottet

Note : A l’époque, je vivais à Tübingen, Jaccottet avait reçu le prix Hölderlin; la seule chose qui m’était restée en mémoire de cette lettre que je viens de retrouver par hasard, ce sont les mots : « mais de toute façon, j’étais très las et mon « discours » ne valait pas grand chose »; encore une fois, les mots de Peter Handke à propos de Jaccottet: « der dichterische Mensch » (« l’homme poétique »).

Publié par Laurent Margantin

Auteur, traducteur

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