Carnets 339

Le kinésithérapeute : « On avait quinze ans, on était à Munich, dans une auberge de jeunesse, le soir on faisait le mur et on allait dans une taverne, il y avait des bières blondes, brunes et rousses, à côté de l’auberge de jeunesse il y avait un cimetière, la nuit on allait jouer dans le cimetière, une fois avec un crucifix j’avais fait peur à un camarade, le lendemain au camp de Dachau on ne pensait qu’à retourner à la taverne le soir, Dachau ce n’était pas un endroit pour faire les imbéciles mais ». (Est-ce que le « on » libère la mauvaise parole ?)

L’échelle en métal gris abandonnée contre un mur à l’intérieur de la maison inachevée, l’échelle en métal gris dont on ne voit que le dernier barreau, qu’on n’utilisera peut-être jamais plus – tous les outils humains abandonnés, laissés sur un chantier en attendant une improbable reprise des travaux ou un chantier à un autre endroit – tous ces outils humains qui semblent avoir eux aussi une destinée obscure, mystérieuse, peut-être plus obscure et plus mystérieuse encore que la nôtre.

PH : « … ne tombaient que des feuilles, telles des insectes de l’automne. »

Et toi, quelles choses infimes as-tu vues ?

Publié par Laurent Margantin

Auteur, traducteur

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