Carnets 351

Je cherchais le numéro 17. Après un restaurant, je passais sous un porche et trouvais le cabinet d’architecte – porte blindée et façade métallique sans fenêtre – me retournais, juste en face il y avait une autre porte à l’arrière du restaurant, en bois clair celle-là, vieille, usée, sans poignée, juste une serrure incrustée, porte sur laquelle était écrit en noir « N° 15 », et ce nom que je trouvais étrange : Ahmed Kahn. Devant la porte, quelqu’un avait jeté quelques quignons de pain que picorait un pigeon en silence. Au milieu de la ville, dans ce quartier de commerces, à quelques pas du marché couvert où se pressaient les touristes en temps normal, il y avait cette porte misérable juste en face du bunker clinquant neuf des architectes, et surtout ce nom étrange qui pouvait engendrer toute sorte de fictions – car qui pouvait être cet Ahmed Khan habitant une pièce – sans doute un cellier – à l’arrière d’une cuisine de restaurant ? Un homme vivait ou avait vécu dans cette pièce sans fenêtres qui devait ressembler à une cellule de prison, et devant la porte close je me mis à l’attendre.

Publié par Laurent Margantin

Auteur, traducteur

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